Ni le chiffre d'affaires, ni le résultat net. La valeur d'une entreprise se construit sur sa rentabilité d'exploitation, et sur la façon dont on la retraite. L'excédent brut d'exploitation mesure ce que l'activité dégage avant les choix de financement, la fiscalité et les amortissements. C'est un solde intermédiaire de gestion défini par le Plan comptable général.
L'EBITDA, Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization, est la version anglo-saxonne de l'EBE. Les deux retirent les mêmes grandes masses : intérêts, impôts et dotations aux amortissements.
Un acheteur ne rachète pas du volume, il rachète de la rentabilité. Deux entreprises à 2 millions d'euros de chiffre d'affaires n'ont aucune valeur comparable si l'une dégage 400 000 euros d'EBE et l'autre 80 000 euros.
L'EBITDA brut de vos comptes n'est pas celui qu'un repreneur valorisera. On le retraite pour obtenir un EBITDA normatif, qui révèle la rentabilité réelle et récurrente de l'entreprise.
Bon indicateur de rentabilité, mauvais indicateur de cash. Comme le rappelle le professeur Aswath Damodaran, New York University Stern, il ignore les investissements de maintien et la variation du besoin en fonds de roulement. Une fois l'EBITDA normatif établi, on applique un multiple pour obtenir la valeur d'entreprise, puis on retire la dette nette pour obtenir le prix des titres, ce que le cédant touche réellement.