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Cession · Données de marché

Combien d'entreprises se vendent en France chaque année ?

Environ 1 000 cessions de PME recensées par an, 1 520 à 2 130 opérations réelles estimées.

Mis à jour le 19 septembre 2026

Combien d'entreprises se vendent en France chaque année ? La question paraît simple, et aucune administration n'y répond. On lit partout que 300 000 entreprises sont à transmettre : ce chiffre décrit un stock théorique, pas un marché. Le seul comptage récurrent du segment recense environ 1 000 cessions de PME par an, et le nombre de sociétés assez rentables pour intéresser un acquéreur se compte en dizaines de milliers, pas en centaines de milliers. Voici les chiffres, leurs sources et ce qu'ils changent pour un dirigeant qui prépare sa sortie.

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La réponse courte

Entre 1 520 et 2 130 entreprises réalisant plus de 1 000 000 € d'excédent brut d'exploitation changent de mains chaque année en France. Sur ce total, environ 1 000 opérations sont des cessions majoritaires recensées par les professionnels du secteur. Le reste échappe au comptage : transmissions familiales, réorganisations de groupe, cessions conclues de gré à gré sans intermédiaire.

Cette fourchette est une estimation, pas un relevé. Elle croise 2 sources publiques, et le calcul est détaillé plus bas pour que vous puissiez le refaire ou le contester.

Pourquoi le chiffre des 300 000 entreprises à transmettre ne veut rien dire

C'est le chiffre qui circule dans toutes les conférences sur la transmission. Il décrit un stock : le nombre d'entreprises dont le dirigeant approche de l'âge de la retraite. Il ne dit rien du nombre d'opérations qui se concluent réellement, et il mélange la boulangerie de 3 salariés avec la PME industrielle de 40 personnes.

La pression démographique est réelle. BPCE L'Observatoire mesurait qu'en 2016, plus de 20 % des dirigeants de PME et d'ETI dépassaient 60 ans, contre moins de 15 % en 2005. Mais un dirigeant de plus de 60 ans n'est pas une entreprise à vendre : c'est un dirigeant de plus de 60 ans. Entre le stock et le flux, il y a le fait qu'une entreprise trouve preneur, ou pas.

Un stock d'entreprises à transmettre n'est pas un marché. Le seul chiffre qui compte pour un dirigeant qui veut vendre, c'est le nombre d'opérations réellement conclues sur des entreprises comparables à la sienne. Il est bien plus petit, et il est connaissable.

Ce que les comptages publiés recensent vraiment

Quatre sources publient des chiffres, et elles ne comptent pas la même chose. Les lire côte à côte explique pourquoi les écarts vont de 1 000 à 51 000 opérations par an.

Nombre de cessions d'entreprises recensées par an en France selon la source et le périmètre
SourceCe qui est comptéOpérationsAnnée
In Extenso Finance et Epsilon ResearchCessions majoritaires de PME valorisées de 1 à 50 M€9642024
In Extenso Finance et Epsilon ResearchMême périmètre, édition suivante1 0762025
BPCE L'ObservatoireCessions-transmissions de PME et ETI, tous changements de contrôle15 1422012
BPCE L'ObservatoireCessions-transmissions toutes tailles, TPE comprises51 0002016
Passage, d'après le BODACCCessions de fonds et d'actifs à 300 000 € et plus, hors proximité, santé comprise1 8802025

Le comptage le plus proche de ce qu'un dirigeant de PME appelle une cession est celui d'In Extenso Finance et Epsilon Research, qui recense les cessions majoritaires valorisées de 1 à 50 M€ : 964 opérations sur 2024 dans le panorama publié le 20 mai 2025, 1 076 sur 2025 dans l'édition suivante. C'est le marché intermédié, celui où interviennent les banquiers d'affaires et les cabinets de cession.

À l'autre bout, BPCE L'Observatoire compte tous les changements de contrôle, transmissions familiales et opérations intra-groupe comprises : 51 000 en 2016, dont l'immense majorité sont des très petites entreprises. Leur étude publiée le 18 mars 2014 isolait les PME et ETI : 15 142 cessions-transmissions en 2012, soit 7,3 % du parc, dont un noyau certain de 10 874 opérations, soit 5,2 %.

Enfin, notre propre baromètre des prix de cession compte 1 880 cessions de fonds et d'actifs à 300 000 € et plus publiées au BODACC en 2025. Ce comptage est exhaustif, mais il ne voit que les ventes de fonds : les cessions de parts sociales, qui sont la forme habituelle d'une transmission de PME, ne font l'objet d'aucune publication de prix.

Le dénominateur que personne ne publie

Aucune de ces sources ne dit combien d'entreprises pourraient se vendre. C'est pourtant calculable. Le jeu de données Ratios financiers BCE / INPI publie l'excédent brut d'exploitation société par société, à partir des comptes annuels déposés aux greffes. Sur les exercices clos en 2023, comptes consolidés exclus pour ne pas compter une holding et sa filiale 2 fois, voici le parc français par tranche de rentabilité.

Nombre de sociétés françaises par tranche d'excédent brut d'exploitation, exercices clos en 2023
Excédent brut d'exploitationSociétésPart du parc
500 000 € à 1 M€18 6142,6 %
1 à 3 M€17 6692,5 %
3 à 6 M€5 5980,8 %
6 à 15 M€3 4740,5 %
15 M€ et plus2 4740,4 %

Au total, 29 215 sociétés françaises dégagent plus de 1 000 000 € d'excédent brut d'exploitation, sur 704 217 jeux de comptes sociaux exploitables. C'est 4,2 % du parc. Le chiffre est stable : 31 143 en 2022 et 30 438 en 2024 en comptant les comptes consolidés, contre 32 242 en 2023 sur la même base.

Si vous cherchez ce que ces montants recouvrent, la page sur la différence entre EBE et EBITDA explique ce que l'acquéreur regarde vraiment dans vos comptes.

L'estimation : 1 520 à 2 130 opérations par an

Le calcul tient en une ligne. 29 215 sociétés au-dessus de 1 000 000 € d'EBE, multipliées par le taux de rotation mesuré par BPCE sur les PME et ETI, entre 5,2 % pour le noyau certain et 7,3 % pour l'ensemble, donnent 1 519 à 2 133 changements de contrôle par an, arrondis ici à 1 520 et 2 130.

Rapprochez ce résultat des 1 076 cessions recensées par In Extenso et Epsilon, et vous obtenez une lecture cohérente du marché : environ la moitié des opérations passent par un intermédiaire et sont comptées, l'autre moitié se fait en famille, entre associés ou dans un groupe, et reste invisible.

Les limites de ce calcul, il faut les dire. Le taux BPCE date de 2012 et porte sur l'ensemble des PME et ETI, pas sur la seule tranche au-dessus de 1 000 000 € d'EBE. Le dénominateur ne compte que les sociétés qui déposent leurs comptes sans option de confidentialité totale, c'est donc un plancher. C'est un ordre de grandeur argumenté, pas une mesure.

Ce que ce volume change pour un dirigeant qui veut vendre

Savoir combien d'entreprises se vendent par an ne sert à rien en soi. Ce volume a 3 conséquences très concrètes pour un dirigeant qui prépare sa sortie.

La première : votre entreprise n'est pas rare. Sur les 29 215 sociétés au-dessus de 1 000 000 € d'EBE, un acquéreur qui cherche une PME rentable dans votre région n'a jamais votre seul dossier sur son bureau. Ce qui vous distingue n'est pas votre secteur, c'est la qualité de votre dossier et votre capacité à partir sans que l'activité ne s'écroule.

La deuxième : le nombre d'acquéreurs sérieux est le vrai facteur limitant, pas le nombre de vendeurs. C'est ce qui explique les délais : comptez 12 à 24 mois entre la décision de vendre et la signature, ordre de grandeur observé sur nos mandats et non chiffre publié. le moment où vous lancez le processus pèse directement sur le prix obtenu.

La troisième : la préparation est le seul levier que vous contrôlez. Le marché fixe une fourchette, les méthodes de valorisation disent où vous vous situez dedans, et 12 à 24 mois de travail décident du reste.

Mon point de vue

Le chiffre des 300 000 entreprises à transmettre arrange tout le monde dans cette filière. Il fait des colloques, des rapports et des dispositifs publics. Il dessert le dirigeant qui le prend au sérieux, parce qu'il lui laisse croire que la demande est massive et qu'il suffira de se présenter. Le marché réel est étroit : quelques centaines d'opérations par an sur des entreprises qui ressemblent à la vôtre. Sur un marché étroit, la préparation ne vous donne pas un avantage, elle décide si vous êtes dans le jeu.

Méthode et sources

Le parc d'entreprises par tranche de rentabilité vient du jeu ouvert ratios_inpi_bce, publié par les ministères économiques et financiers à partir des comptes annuels déposés à l'INPI, 6,8 millions de lignes en licence ouverte. Le comptage porte sur les exercices clos entre le 1er janvier et le 31 décembre 2023, hors comptes consolidés, et reste rejouable à l'identique par l'API publique du jeu.

Une limite de cette source doit être connue : 224 399 dépôts de l'exercice 2023 portent un excédent brut d'exploitation à zéro, ce qui traduit un champ non renseigné plutôt qu'une rentabilité nulle. Les tranches basses sont donc inexploitables, et le tableau ne descend pas sous 500 000 €. Les tranches hautes ne sont pas affectées, une société à plusieurs millions d'EBE dépose des comptes complets.

Les comptages d'opérations viennent d'In Extenso Finance et Epsilon Research pour le marché intermédié, de BPCE L'Observatoire pour les changements de contrôle au sens large, et de notre dépouillement du BODACC pour les cessions de fonds. Pour les obligations de publicité qui encadrent une cession, le portail service-public.fr en détaille le cadre.

Questions fréquentes sur le nombre de cessions d'entreprises

Combien d'entreprises se vendent en France chaque année ?

Entre 1 520 et 2 130 entreprises réalisant plus de 1 000 000 € d'excédent brut d'exploitation changent de mains chaque année, selon une estimation qui croise le parc mesuré sur les comptes déposés à l'INPI et le taux de rotation mesuré par BPCE L'Observatoire. Sur ce total, environ 1 000 opérations sont des cessions majoritaires recensées par In Extenso Finance et Epsilon Research : 964 en 2024, 1 076 en 2025. Le reste se fait en famille, entre associés ou dans un groupe, et échappe au comptage.

Le chiffre de 300 000 entreprises à transmettre est-il exact ?

Il décrit un stock théorique, pas un marché. Il compte des entreprises dont le dirigeant approche de la retraite, sans dire combien trouvent preneur, et il mélange les commerces de proximité avec les PME. La pression démographique est réelle : BPCE L'Observatoire mesurait qu'en 2016, plus de 20 % des dirigeants de PME et d'ETI dépassaient 60 ans, contre moins de 15 % en 2005. Mais un dirigeant de plus de 60 ans n'est pas une entreprise vendue.

Combien d'entreprises françaises font plus de 1 million d'euros d'EBE ?

29 215 sociétés, sur les exercices clos en 2023, comptes consolidés exclus pour ne pas compter une holding et sa filiale 2 fois. Soit 4,2 % des 704 217 jeux de comptes sociaux exploitables. Le comptage est fait sur le jeu ouvert Ratios financiers BCE / INPI, publié par les ministères économiques et financiers à partir des comptes déposés aux greffes. C'est un plancher : les sociétés qui optent pour la confidentialité totale de leur compte de résultat n'y figurent pas.

Pourquoi les chiffres de cessions varient-ils de 1 000 à 51 000 par an ?

Parce que les sources ne comptent pas la même chose. In Extenso Finance et Epsilon Research recensent les cessions majoritaires de PME valorisées de 1 à 50 millions d'euros, soit le marché intermédié, autour de 1 000 opérations par an. BPCE L'Observatoire compte tous les changements de contrôle, transmissions familiales et opérations intra-groupe comprises, toutes tailles confondues : 51 000 en 2016, dont une immense majorité de très petites entreprises. Les deux chiffres sont justes sur leur périmètre.

Existe-t-il un registre officiel des cessions d'entreprises en France ?

Non. Le BODACC publie les ventes de fonds de commerce et d'établissements, parce que la loi impose cette publicité pour protéger les créanciers du vendeur. Les cessions de parts sociales et d'actions, qui sont la forme habituelle d'une transmission de PME, ne font l'objet d'aucune publication de prix ni d'aucun recensement public. C'est la raison pour laquelle le volume du marché doit être estimé plutôt que compté.

Ce volume rend-il la vente de mon entreprise plus facile ou plus difficile ?

Plus exigeante. Un marché de 1 000 à 2 000 opérations par an sur 29 215 entreprises candidates signifie que le facteur limitant n'est pas le nombre de vendeurs, mais le nombre d'acquéreurs sérieux. Votre secteur ne vous distingue pas, la qualité de votre dossier et votre capacité à partir sans que l'activité ne s'écroule, oui. C'est aussi pourquoi il faut compter 12 à 24 mois entre la décision de vendre et la signature, ordre de grandeur observé sur nos mandats et non chiffre publié.

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À propos de l'auteur

Charles Cappart

Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les créateurs d'entreprise et les dirigeants pour bâtir des entreprises solides et transmissibles.

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« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »
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