Mis à jour le 22 septembre 2026
Le prix de vente d'un commerce se fixe le plus souvent au doigt mouillé, à partir d'un pourcentage du chiffre d'affaires entendu chez un confrère. Il existe pourtant une mesure publique : chaque cession de fonds est publiée au BODACC. Sur 11 550 ventes de commerces de détail et d'alimentation avec un prix publié en 2025 et au 1er semestre 2026, la médiane s'établit à 110 000 €.
Situer votre commerce en 5 minutes Voir le baromètre completLa moyenne ne veut rien dire ici : quelques opérations très lourdes la déforment. Les quartiles décrivent bien mieux le marché que vous allez rencontrer.
| Repère | Prix | Ce que cela veut dire |
|---|---|---|
| 1er quartile | 50 000 € | 1 vente sur 4 se fait en dessous |
| Médiane | 110 000 € | le repère central du marché |
| 3e quartile | 250 000 € | 1 vente sur 4 se fait au-dessus |
| 9e décile | 450 000 € | le haut du marché, 10 % des ventes |
23 % des commerces partent sous 50 000 €, 18 % dépassent 300 000 €. Entre 2025 et le 1er semestre 2026, la médiane passe de 114 000 € à 110 000 € : le marché ne bouge quasiment pas.
C'est le résultat le plus contre-intuitif de la mesure. La médiane d'un commerce est de 110 000 € sur 11 550 cessions. Celle d'un restaurant est de 110 000 € sur 15 451 cessions. Le fonds de commerce français se négocie autour de ce montant, quel que soit le rayon.
La conséquence est directe pour vous : votre secteur ne vous condamne pas à un prix. Ce qui vous distingue de la médiane est propre à votre affaire, pas à votre activité. Le détail de ce raisonnement est développé dans combien vaut mon entreprise.
On imagine souvent que l'adresse fait tout. Pour un commerce, elle compte moins que pour un restaurant : l'écart entre la région la plus chère et la moins chère est de 1,7 fois, contre 2,1 fois en restauration.
| Région | Prix médian | Cessions mesurées |
|---|---|---|
| Île-de-France | 140 000 € | 1 757 |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 135 000 € | 1 384 |
| Pays de la Loire | 130 000 € | 628 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 110 000 € | 1 671 |
| Occitanie | 99 500 € | 1 242 |
| Centre-Val de Loire | 81 766 € | 351 |
Le réflexe le plus répandu consiste à appliquer un pourcentage au chiffre d'affaires. C'est commode, et c'est le meilleur moyen de se tromper : 2 commerces au même chiffre d'affaires peuvent dégager des résultats du simple au triple, selon le loyer, la masse salariale et les marges.
La démarche utilisée en pratique tient en 3 temps.
Le raisonnement sur le résultat retraité est détaillé dans EBE et EBITDA.
Méthode
Périmètre : annonces de vente et cession publiées au BODACC, du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026, secteurs commerce de détail et alimentation. Le commerce de gros est exclu, il se vend plus cher, 129 500 € en médiane. Échantillon : 70 202 cessions extraites au total, dont 11 550 correspondant à ce périmètre avec un prix exploitable. Les 2 sous-ensembles, détail seul et alimentation seule, donnent la même médiane à 110 000 €, ce qui rend le chiffre robuste. Le prix retenu est celui déclaré dans l'annonce, hors stock et hors frais. Extraction du 19 septembre 2026, jeu réutilisable sous licence ouverte Etalab.
Le prix publié porte sur le fonds seul. 3 éléments s'y ajoutent ou s'en retranchent, et ils décident de ce que vous encaissez réellement.
Les données citées proviennent des annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales et du jeu BODACC publié par l'État. Le détail ligne à ligne, avec le prix extrait et le secteur normalisé, est publié en open data, pour que chacun refasse le calcul.
Mon point de vueLe pourcentage du chiffre d'affaires est la convention la plus répandue et la plus coûteuse du commerce. Elle arrange tout le monde : elle est simple, elle se dit en une phrase, et elle évite d'ouvrir les comptes. Le problème, c'est qu'elle récompense le volume et ignore la rentabilité. Les dirigeants que j'accompagne et qui tiennent leur prix sont ceux qui arrivent avec un résultat retraité propre sur 3 exercices. Pas ceux qui arrivent avec un pourcentage.
La moyenne est inutilisable, quelques opérations très lourdes la déforment. La médiane est le bon repère : 110 000 € sur 11 550 cessions de commerces publiées au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026. La moitié des ventes se situe entre 50 000 € et 250 000 €.
On part du résultat retraité, pas du chiffre d'affaires, puis on applique un multiple ajusté du risque. Le chiffre d'affaires ne sert qu'à vérifier la cohérence du résultat. Un commerce dont le fichier client et les fournisseurs tiennent sur le gérant se vend moins cher qu'un commerce qui tourne sans lui.
C'est un usage de place, pratique pour une première fourchette, mais il ne dit rien de votre rentabilité. 2 commerces au même chiffre d'affaires peuvent avoir des résultats du simple au triple selon le loyer, la masse salariale et les marges. Servez-vous en comme d'un contrôle, jamais comme d'un prix.
Moins qu'on ne le croit. De l'Île-de-France, à 140 000 €, au Centre-Val de Loire, à 81 766 €, l'écart est de 1,7 fois. Pour un restaurant, le même écart atteint 2,1 fois. L'emplacement pèse, mais la qualité de l'exploitation pèse davantage dans le commerce.
Non, les 2 médianes sont identiques à 110 000 €, sur 11 550 cessions de commerces et 15 451 cessions de restaurants. Le fonds de commerce français se négocie autour de ce montant, quel que soit le rayon. Ce qui fait la différence de prix est propre à chaque affaire, pas à son secteur.
Parce qu'il porte sur le fonds de commerce seul, sans les murs, sans le stock et sans la trésorerie. C'est le prix de la transaction publiée, pas la valeur de l'entreprise. Le stock se règle en plus, à l'inventaire, le jour de la vente.
À peine. La médiane passe de 114 000 € en 2025, sur 7 808 cessions, à 110 000 € au 1er semestre 2026 sur 3 742 cessions. Un semestre ne fait pas une tendance, ce léger recul est à confirmer sur le millésime complet.
Cela dépend de votre situation patrimoniale. Garder les murs vous laisse un revenu locatif et abaisse le ticket d'entrée du repreneur, donc élargit le nombre d'acheteurs solvables. Vendre l'ensemble simplifie la sortie mais réduit le marché.
Si la vente est envisagée dans les 2 ans, le sujet n'est pas le prix d'aujourd'hui mais ce qui peut encore changer d'ici là. Voir le prix de vente d'un restaurant pour la comparaison sectorielle, les étapes d'une cession pour le calendrier, et la dépendance au dirigeant pour le premier facteur de décote.
Réserver une séance Le CapÀ propos de l'auteur
Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les créateurs d'entreprise et les dirigeants pour bâtir des entreprises solides et transmissibles.
Lire le parcours complet LinkedIn« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »VPValentina Palacios
Porteuse de projet, TOTUMA