Mis à jour le 28 septembre 2026
Vendre une entreprise de nettoyage se prépare avec un chiffre en tête, et il est plus bas que ce que la plupart des dirigeants imaginent. Sur 163 cessions de sociétés de propreté dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026, la médiane s'établit à 65 000 €, contre 105 248 € toutes activités confondues. La raison n'est pas la qualité des affaires : c'est la nature de ce qui se vend, un portefeuille de contrats résiliables.
Situer votre société en 5 minutes Voir le baromètre completLa moyenne ne veut rien dire ici : 9 opérations sur 163 dépassent 500 000 € et suffisent à la déformer. Les quartiles décrivent bien mieux le marché que vous allez rencontrer.
| Repère | Prix | Ce que cela veut dire |
|---|---|---|
| 1er quartile | 30 000 € | 1 vente sur 4 se fait en dessous |
| Médiane | 65 000 € | le repère central du secteur |
| 3e quartile | 130 000 € | 1 vente sur 4 se fait au-dessus |
| 9e décile | 297 400 € | le haut du marché, 10 % des ventes |
Autrement dit, la moitié des sociétés de nettoyage changent de mains entre 30 000 € et 130 000 €. La dispersion mérite d'être regardée de près, parce qu'elle contredit l'idée d'un prix de marché unique.
Comparée aux autres secteurs du même jeu de données, la propreté se situe dans le bas du classement. Elle se vend 1,6 fois moins cher que la médiane toutes activités confondues.
| Secteur | Prix médian | Cessions mesurées |
|---|---|---|
| Hôtellerie et restauration | 115 000 € | 16 724 |
| Commerce de détail | 110 000 € | 3 632 |
| BTP et construction | 100 000 € | 2 436 |
| Services aux entreprises | 68 012 € | 2 196 |
| Propreté et nettoyage | 65 000 € | 163 |
| Coiffure, beauté, bien-être | 45 000 € | 2 634 |
L'explication tient en une phrase : un restaurant se vend avec un bail et un emplacement, une société de propreté se vend avec des contrats que le client peut dénoncer. L'acheteur paie donc moins cher un actif qu'il peut perdre en 3 mois de préavis. C'est le même raisonnement que celui décrit sur la page prix de vente d'un commerce, mais appliqué à un fonds sans murs et sans vitrine.
Le secteur lui-même n'est pas en difficulté, au contraire. La Fédération des entreprises de propreté recense, dans ses chiffres clés d'édition 2026, plus de 15 000 entreprises employant au moins 1 salarié, plus de 600 000 emplois et 22 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Un marché large et fragmenté, donc un marché où les acheteurs existent.
Dans la propreté, la valeur ne se trouve ni dans le matériel, qui se remplace pour quelques milliers d'euros, ni dans les locaux, qui sont souvent un simple dépôt. Elle est tout entière dans le carnet de contrats et dans les équipes qui les exécutent. Voici ce qu'un acquéreur vérifie, dans cet ordre.
Un point propre à ce secteur mérite d'être connu avant d'ouvrir une négociation : la convention collective de la propreté organise, sous conditions, la reprise par le nouveau prestataire des salariés affectés à un marché qui change de mains. Cela protège les agents, et cela veut dire qu'un client qui part emmène généralement les heures avec lui. Faites vérifier l'application exacte à votre situation, cette mécanique conditionne le calcul du repreneur.
Le réflexe le plus répandu consiste à appliquer un pourcentage au chiffre d'affaires annuel. C'est un usage de place commode, et une mauvaise base de négociation : 2 sociétés au même chiffre d'affaires peuvent dégager des résultats du simple au triple selon l'encadrement, le taux horaire facturé et l'absentéisme. La démarche tient en 3 temps.
Le périmètre de la vente compte autant que la méthode. Céder les titres de la société transfère l'ensemble, contrats et passif social compris. Céder le fonds ne transfère que la clientèle et les éléments attachés, et le produit reste séquestré chez le rédacteur de l'acte pendant plusieurs mois, le temps que les créanciers se manifestent. Les 2 chemins n'aboutissent ni au même prix ni au même calendrier.
La question de la reprise d'une entreprise de nettoyage se pose souvent dans l'autre sens : beaucoup de dirigeants cherchent un repreneur sans savoir à qui s'adresser. Les 163 cessions mesurées se répartissent entre 4 profils, que l'on retrouve aussi sur le terrain.
Méthode
Périmètre : annonces de vente et de cession publiées au BODACC, du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026, dont ont été retenues les seules activités de propreté et de nettoyage de bâtiments, de locaux, de bureaux, d'immeubles et de surfaces, au sens de la sous-classe 81.21Z de la nomenclature NAF de l'Insee et des activités voisines de nettoyage industriel. Exclusions explicites : lavage et nettoyage de véhicules, stations de lavage, pressing, blanchisserie et laverie, entretien d'espaces verts, nettoyage de textiles et de moquettes, entretien de monuments funéraires, ramonage, ainsi que les entreprises de construction et de rénovation dont le nettoyage n'est qu'une prestation annexe. Échantillon : 70 202 cessions extraites au total, dont 176 relevant de ce périmètre et 163 assorties d'un prix exploitable, soit 7,4 % de lignes sans prix publié. Le prix retenu est celui déclaré dans l'annonce, hors stock et hors frais. Les cessions sans prix publié sont exclues, ce qui écarte de fait la plupart des cessions de titres. Extraction du 19 septembre 2026, calculs du 28 septembre 2026, jeu réutilisable sous licence ouverte Etalab.
Les prix cités ici proviennent des annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales et du jeu BODACC diffusé en open data par l'État. Le détail ligne à ligne que j'ai reconstitué, avec le prix extrait et le secteur normalisé, est lui aussi publié en open data, pour que chacun puisse vérifier.
Une réserve honnête sur ce chiffre : 163 cessions, c'est un échantillon bien plus mince que les 15 451 ventes de restaurants du même jeu. La médiane est solide, la comparaison entre régions ne l'est pas, avec 21 cessions au mieux pour la région la plus fournie. C'est pourquoi aucune ventilation régionale n'est publiée sur cette page, alors qu'elle figure sur le baromètre des prix de cession, où les volumes le permettent.
Mon point de vueDans ce métier, la valeur se perd rarement au moment de la négociation : elle se perd avant, dans les contrats qu'on n'a jamais formalisés. Je vois régulièrement des sociétés rentables dont la moitié du portefeuille tient sur un accord verbal et une facture mensuelle. Aux yeux d'un acheteur, ce n'est pas un contrat, c'est une habitude, et une habitude ne se paie pas. Faire signer 12 mois de reconduction tacite à ses clients avant d'ouvrir un processus de vente coûte quelques semaines de travail et déplace le prix de façon plus nette que n'importe quel argument de négociation. C'est le premier chantier que j'ouvre sur ce type de dossier.
La médiane s'établit à 65 000 € sur 163 cessions d'entreprises de propreté dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026. La moitié des ventes se situe entre 30 000 € et 130 000 €, et 10 % dépassent 297 400 €. La moyenne est inutilisable, 9 opérations sur 163 dépassant 500 000 € la déforment.
Parce que ce qui se vend est un portefeuille de contrats résiliables, pas un emplacement. Un restaurant transmet un bail et une vitrine, une entreprise de nettoyage transmet des marchés que le client peut dénoncer à l'échéance. La médiane du secteur, 65 000 €, est 1,6 fois plus basse que celle de l'ensemble des cessions mesurées, à 105 248 €.
On part du résultat retraité, jamais du chiffre d'affaires, puis on applique un multiple que la récurrence des contrats vient corriger. Dans les services aux entreprises, la pratique de marché se situe le plus souvent entre 3 et 5 fois le résultat retraité. Ce repère est indicatif : la durée moyenne de vos contrats déplace le curseur davantage que votre secteur.
Non. C'est un usage de place commode pour une première fourchette, mais 2 sociétés au même chiffre d'affaires peuvent dégager des résultats du simple au triple selon le taux horaire facturé, l'encadrement et l'absentéisme. Servez-vous en comme d'un contrôle de cohérence, jamais comme d'un prix.
4 profils. Le concurrent régional qui consolide sa zone, et c'est le plus fréquent. Le cadre ou le chef de secteur de la maison, qui supprime le risque de transition mais dispose d'un apport limité. Le repreneur individuel en reconversion, attiré par un ticket d'entrée bas. Le groupe de services multi-techniques, qui ne s'intéresse qu'aux sociétés encadrées et qui paie le haut du marché.
La convention collective de la propreté organise, sous conditions, la reprise par le nouveau prestataire des salariés affectés à un marché qui change de mains. Concrètement, un client qui part emmène généralement les heures avec lui. Cette mécanique conditionne le calcul du repreneur, et son application exacte se vérifie dossier par dossier.
Les 2 chemins n'aboutissent ni au même prix ni au même calendrier. Céder les titres transfère l'ensemble, contrats et passif social compris. Céder le fonds ne transfère que la clientèle et les éléments attachés, et le produit de la vente reste séquestré chez le rédacteur de l'acte pendant plusieurs mois, le temps que les créanciers se manifestent.
Non. La médiane passe de 65 000 € en 2025, sur 107 cessions, à 67 500 € au 1er semestre 2026 sur 56 cessions. Un semestre ne fait pas une tendance, mais rien dans la donnée n'indique de décrochage.
Si votre horizon de cession est à 2 ans, le sujet n'est pas le prix d'aujourd'hui mais ce que vous pouvez encore verrouiller d'ici là : contrats écrits, encadrement autonome, comptes lisibles. Le déroulé complet d'une cession donne le calendrier réaliste de cette préparation.
Réserver une séance Le CapLes pages qui prolongent directement ce que vous venez de lire.
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À propos de l'auteur
Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les créateurs d'entreprise et les dirigeants pour bâtir des entreprises solides et transmissibles.
Lire le parcours complet LinkedIn« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »VPValentina Palacios
Porteuse de projet, TOTUMA