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Prix par secteur

Vendre une entreprise de transport : le prix réel et les angles morts

Mis à jour le 5 octobre 2026

Vendre une entreprise de transport, c'est vendre des camions, des contrats et une autorisation d'exercer. Sur 320 cessions de transport routier de marchandises dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026, la médiane s'établit à 155 000 €, près de 1,5 fois la médiane toutes activités confondues (105 248 €). Ce chiffre cache pourtant ce qui fait baisser le prix au dernier moment : le gestionnaire de transport, la flotte financée et le poids d'un seul donneur d'ordre.

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Combien se vend une entreprise de transport, en chiffres réels

La moyenne est inutilisable : 25 opérations sur 320 atteignent ou dépassent 1 million d'euros et la tirent vers le haut. Les quartiles décrivent bien mieux le marché que vous allez rencontrer si vous cherchez à céder une petite ou moyenne entreprise de transport.

Prix de cession des entreprises de transport routier de marchandises et de déménagement, 320 ventes avec prix publié au BODACC, 2025 et 1er semestre 2026. Taxis, ambulances, transport de voyageurs et logistique seule exclus.
RepèrePrixCe que cela veut dire
1er quartile69 000 €1 vente sur 4 se fait en dessous
Médiane155 000 €le repère central du secteur
3e quartile350 000 €1 vente sur 4 se fait au-dessus
9e décile860 000 €le haut du marché, 10 % des ventes

La moitié des entreprises de transport changent donc de mains entre 69 000 € et 350 000 €. C'est un écart de 1 à 5, parce qu'on ne vend pas la même chose selon la taille de la flotte.

Côté calendrier, le 1er semestre 2026 ressort à 150 000 € sur 125 cessions, contre 172 661 € sur 100 cessions au 1er semestre 2025. Sur des échantillons de cette taille, l'écart ne suffit pas à conclure à une baisse des prix. Il montre en revanche que le nombre de ventes publiées a progressé d'un semestre à l'autre.

Le 1er angle mort : le secteur « transport » mélange des métiers qui ne se vendent pas pareil

Le jeu BODACC classe 1 022 cessions dans un secteur « Transport et logistique ». Sa médiane brute, 170 000 €, est celle que l'on trouve citée le plus facilement. Elle ne décrit pourtant aucune entreprise réelle, parce qu'elle additionne des métiers dont la valeur repose sur des actifs différents.

Prix médian de cession par activité de transport, cessions avec prix publié au BODACC, 2025 et 1er semestre 2026. La ligne marchandises suit le périmètre de cette page, les autres lignes sont lues dans le secteur « Transport et logistique » du jeu de données, d'après l'activité déclarée.
ActivitéPrix médianCessions avec prix
Ambulances et VSL355 000 €124
Transport de voyageurs170 000 €111
Transport routier de marchandises155 000 €320
Logistique et entreposage151 615 €58
Taxis135 000 €212
Toutes activités confondues105 248 €50 284

Une ambulance ou un taxi se vendent d'abord avec une autorisation administrative, dont le nombre est encadré : c'est elle qui fait le prix, bien plus que le véhicule. Une entreprise de transport de marchandises, elle, ne vend aucune rareté de ce type. Elle vend des clients, des conducteurs et une capacité à exécuter. Comparer son prix à celui d'une société de VSL n'a donc aucun sens.

Autre surprise du classement : 217 lignes rangées dans ce secteur ne relèvent pas du transport du tout. Ce sont surtout des bureaux de tabac et de presse qui vendent des titres de transport, des garages et des pompes funèbres. Elles ont été écartées de la ligne marchandises, qui a été reconstruite à partir de l'activité déclarée, y compris quand l'annonce était classée en industrie ou en BTP.

Les 5 angles morts qui font baisser le prix d'une entreprise de transport

Dans ce métier, l'acheteur ne découvre pas les problèmes en lisant le bilan. Il les découvre en posant 5 questions, presque toujours dans cet ordre.

  1. Qui est le gestionnaire de transport ? Une entreprise de transport public routier doit satisfaire en permanence à des exigences d'établissement, d'honorabilité, de capacité financière et de capacité professionnelle, rappelle la FAQ du registre des transporteurs de la DRIEAT Île-de-France. La capacité professionnelle est portée par une personne, le gestionnaire de transport, qui doit avoir un lien réel avec l'entreprise. Si c'est vous et que vous partez, la société doit en désigner un autre et déclarer le changement. Un acheteur qui n'a pas la capacité lui-même vous demandera comment ce relais est assuré.
  2. À qui appartiennent les camions ? Une flotte en crédit-bail ou en location longue durée n'est pas un actif que vous vendez, c'est un engagement que l'acheteur reprend. Il retranche les loyers restants du prix, puis regarde l'âge du parc et le renouvellement qu'il devra financer dans les 3 ans.
  3. Combien pèse votre premier client ? Beaucoup de transporteurs travaillent en sous-traitance pour 1 ou 2 donneurs d'ordre. Si l'un d'eux fait la moitié du chiffre d'affaires, l'acheteur valorise votre entreprise comme si elle pouvait perdre la moitié de son activité à la prochaine consultation.
  4. Les conducteurs restent-ils ? Le recrutement de conducteurs est une difficulté bien connue du métier. Une équipe stable, avec peu de rotation, se paie. Une équipe qui tourne fait douter l'acheteur de sa capacité à servir les contrats dès le 1er mois.
  5. Le résultat tient-il sans vous au volant ? Dans les petites structures, le dirigeant conduit, exploite et facture. Son salaire réel est souvent sous-évalué, et le résultat affiché ne survit pas à son remplacement. C'est la dépendance au dirigeant dans sa forme la plus concrète.

Ces 5 points ne relèvent pas de la négociation. Ils se préparent en amont, et aucun ne se règle en quelques semaines.

Comment calculer le prix de vente de votre entreprise de transport

Le chiffre d'affaires d'un transporteur dit peu de chose sur sa valeur : le gazole, les péages et les salaires en absorbent l'essentiel, et 2 entreprises au même volume peuvent dégager des résultats sans rapport. La démarche tient en 3 temps.

  1. Repartir du résultat retraité. On corrige votre rémunération pour qu'elle reflète le coût d'un exploitant salarié, et on isole les charges exceptionnelles. Tout part de l'EBE retraité, jamais du volume facturé.
  2. Traiter la flotte à part. Les véhicules détenus en propre ont une valeur de marché, ceux en crédit-bail portent une dette. L'acheteur raisonne en valeur d'entreprise, puis retranche l'endettement, y compris les loyers restant à payer. Un parc récent mais entièrement financé ne pèse donc pas en votre faveur.
  3. Corriger par la qualité du portefeuille. Contrats écrits ou simples habitudes, durée des engagements, clause d'indexation du gazole, concentration client : chaque point se traduit en euros. Un portefeuille diversifié et contractualisé déplace le prix plus nettement que n'importe quel argument de négociation.

Le périmètre de la vente compte autant que la méthode. Céder les titres de la société transfère l'entreprise inscrite au registre avec ses autorisations, ses contrats et son passif. Céder le fonds ne transfère que la clientèle et les éléments attachés : l'acheteur doit alors être lui-même inscrit au registre des transporteurs pour exploiter, ce qui suppose de remplir les conditions décrites dans la fiche Créer une entreprise de transporteur routier de marchandises de Service-Public.fr. Les 2 chemins n'ouvrent ni aux mêmes acheteurs ni au même calendrier.

Qui achète une entreprise de transport

Une société de transport à vendre n'attire pas les mêmes acheteurs selon sa taille. On retrouve 4 profils, avec des attentes très différentes.

À titre de comparaison, une entreprise de propreté se vend 65 000 € en médiane. Les 2 métiers vendent un portefeuille de clients, mais le transport y ajoute un parc de véhicules et une barrière réglementaire à l'entrée, et les acheteurs le paient.

Méthode

Périmètre : annonces de vente et de cession publiées au BODACC, du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026, dont ont été retenues les activités de transport routier de marchandises et de déménagement, au sens du groupe 49.4 de la nomenclature NAF de l'Insee, avec la location de véhicules industriels avec conducteur, l'affrètement, la commission de transport et la messagerie qui leur sont attachés. La sélection se fait sur l'activité déclarée dans l'annonce, quel que soit le secteur attribué. Exclusions explicites : taxis et VTC, ambulances et VSL, transport de voyageurs, logistique et entreposage sans transport, et toutes les activités où le transport n'est qu'accessoire (négoce, BTP, garage, dépannage, contrôle technique, exploitation forestière). Échantillon : 70 202 cessions extraites au total, dont 343 relevant de ce périmètre et 320 assorties d'un prix exploitable, soit 6,7 % de lignes sans prix publié. Une même opération peut faire l'objet de plusieurs annonces, par exemple une par établissement concerné : en ne retenant qu'une annonce par couple SIREN et prix, il reste 273 opérations et la médiane passe à 150 000 €, ce qui confirme l'ordre de grandeur. Le prix retenu est celui déclaré dans l'annonce, hors stock et hors frais. Extraction du 19 septembre 2026, calculs du 5 octobre 2026, jeu réutilisable sous licence ouverte Etalab.

Les sources, pour que vous puissiez refaire le calcul

Les prix cités ici proviennent des annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales et du jeu BODACC diffusé en open data par l'État. Le détail ligne à ligne que j'ai reconstitué, avec le prix extrait et le secteur normalisé, est lui aussi publié en open data, pour que chacun puisse vérifier.

Une réserve honnête sur ce chiffre : 320 cessions suffisent pour une médiane nationale, pas pour une comparaison entre régions, où les effectifs tombent sous 50 cessions. Aucune ventilation régionale n'est donc publiée sur cette page. Elle figure sur le baromètre des prix de cession, où les volumes le permettent. Les règles d'accès à la profession citées plus haut sont décrites qualitativement : leur application à votre cas se vérifie auprès de la DREAL de votre région.

Mon point de vue

Sur un dossier de transport, la première question que je pose n'est pas le chiffre d'affaires. C'est : qui porte la capacité, et que se passe-t-il le jour où cette personne s'en va ? Dans une entreprise de quelques véhicules, la réponse est presque toujours le dirigeant. Ce n'est pas un défaut, c'est l'histoire normale d'une entreprise qu'on a construite soi-même. Mais c'est un risque que l'acheteur va chiffrer à votre place, et à son avantage. Former un exploitant, le faire passer l'attestation, lui confier les donneurs d'ordre : c'est ce chantier, plus que la négociation, qui décide du prix.

Questions fréquentes

Quel est le prix de vente d'une entreprise de transport ?

La médiane s'établit à 155 000 € sur 320 cessions d'entreprises de transport routier de marchandises dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026. La moitié des ventes se situe entre 69 000 € et 350 000 €, et 10 % dépassent 860 000 €. La moyenne est inutilisable, 25 opérations atteignant ou dépassant 1 million d'euros la déforment.

Pourquoi ne pas utiliser la médiane du secteur transport du BODACC ?

Parce que ce secteur, 1 022 cessions et une médiane brute de 170 000 €, mélange des métiers qui ne se vendent pas pareil : ambulances et VSL à 355 000 € en médiane, taxis à 135 000 €, transport de voyageurs, logistique, et 217 lignes qui ne relèvent pas du transport du tout, surtout des bureaux de tabac et de presse. Une ambulance ou un taxi se vendent d'abord avec une autorisation administrative.

Comment calculer le prix de vente d'une entreprise de transport ?

On part du résultat retraité, jamais du chiffre d'affaires, en corrigeant la rémunération du dirigeant au coût d'un exploitant salarié. On traite ensuite la flotte à part : les véhicules détenus ont une valeur de marché, ceux en crédit-bail portent une dette que l'acheteur retranche. On corrige enfin par la qualité du portefeuille : contrats écrits, durée des engagements, concentration client.

Que devient le gestionnaire de transport quand on vend ?

https://passagetransmission.fr/vendre/prix/transportne entreprise de transport public routier doit satisfaire en permanence à la condition de capacité professionnelle, portée par un gestionnaire de transport qui a un lien réel avec elle. Si c'est le dirigeant qui part, la société doit en désigner un autre et déclarer le changement. C'est la première question d'un acheteur qui ne détient pas lui-même l'attestation de capacité.

Faut-il vendre les titres de la société ou le fonds de commerce ?

Céder les titres transfère l'entreprise inscrite au registre avec ses autorisations, ses contrats et son passif. Céder le fonds ne transfère que la clientèle et les éléments attachés : l'acheteur doit alors être lui-même inscrit au registre des transporteurs pour exploiter. Les 2 chemins n'ouvrent ni aux mêmes acheteurs ni au même calendrier.

Qui achète une entreprise de transport ?

4 profils. Le transporteur voisin qui grossit, le plus fréquent, qui a déjà la capacité et les autorisations. Le groupe de transport ou de logistique, qui ne regarde que les entreprises structurées et paie le haut du marché. L'exploitant ou le chef de parc de la maison, limité par son apport. Le repreneur extérieur au métier, qui découvre en cours de route la question de la capacité professionnelle.

Le prix des entreprises de transport a-t-il baissé en 2026 ?

La médiane du 1er semestre 2026 ressort à 150 000 € sur 125 cessions, contre 172 661 € sur 100 cessions au 1er semestre 2025. Sur des échantillons de cette taille, l'écart ne suffit pas à conclure à une baisse des prix. Le nombre de ventes publiées a en revanche progressé.

Aller plus loin

Si votre horizon de cession est à 2 ans, le sujet n'est pas le prix d'aujourd'hui mais ce que vous pouvez encore organiser d'ici là : un gestionnaire de transport qui n'est pas vous, des contrats écrits, une flotte dont vous maîtrisez le financement. Le calendrier d'une cession, étape par étape donne le rythme réaliste de cette préparation.

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À propos de l'auteur

Charles Cappart

Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les dirigeants de PME pour rendre leur entreprise capable de tourner sans eux, et les repreneurs qui rachètent une PME.

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« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »
VP Valentina Palacios

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