Mis à jour le 12 octobre 2026
Vendre une entreprise de BTP, c'est vendre une équipe qualifiée, un carnet de chantiers et 10 ans de travaux déjà livrés. Sur 1 346 cessions d'entreprises du bâtiment et des travaux publics dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026, la médiane s'établit à 90 500 €, en dessous de la médiane toutes activités confondues (105 248 €). Derrière ce chiffre, l'écart entre métiers va du simple au triple : une entreprise de terrassement ne se vend pas comme un artisan électricien.
Situer votre entreprise en 5 minutes Voir le baromètre completLa moyenne ne veut rien dire ici : 20 cessions sur 1 346 atteignent ou dépassent 1 million d'euros et la tirent vers le haut. Les quartiles décrivent mieux le marché que vous rencontrerez si vous cherchez à céder une entreprise artisanale ou une PME du bâtiment.
| Repère | Prix | Ce que cela veut dire |
|---|---|---|
| 1er quartile | 43 000 € | 1 vente sur 4 se fait en dessous |
| Médiane | 90 500 € | le repère central du secteur |
| 3e quartile | 200 000 € | 1 vente sur 4 se fait au-dessus |
| 9e décile | 360 000 € | le haut du marché, 10 % des ventes |
La moitié des entreprises du bâtiment changent donc de mains entre 43 000 € et 200 000 €. Le marché est concentré sur de petites structures, ce que confirme la répartition des ventes par tranche de prix.
Côté calendrier, le 1er semestre 2026 ressort à 100 000 € sur 482 cessions, contre 95 477 € sur 436 cessions au 1er semestre 2025. L'année 2025 entière affiche 86 000 €, mais elle est tirée vers le bas par son 2e semestre (80 000 €). Comparé à la même période, l'écart reste faible et ne permet pas de conclure à une hausse des prix.
Le BTP regroupe une dizaine de métiers. Les entreprises de ce périmètre ont été rangées par corps d'état d'après l'activité déclarée dans l'annonce. Les écarts sont nets.
| Corps d'état | Prix médian | Cessions avec prix |
|---|---|---|
| Travaux publics et terrassement | 200 000 € | 137 |
| Maçonnerie et gros œuvre | 100 000 € | 157 |
| Plomberie, chauffage, climatisation | 95 000 € | 285 |
| Menuiserie, charpente, couverture | 87 250 € | 374 |
| Peinture, plâtrerie, carrelage, isolation | 70 000 € | 223 |
| Électricité | 68 411 € | 134 |
| Ensemble du BTP | 90 500 € | 1 346 |
Une entreprise de travaux publics se vend en médiane près de 3 fois plus cher qu'une entreprise d'électricité. L'explication tient à ce que l'acheteur reprend. En terrassement, il reprend des engins, des marchés avec des collectivités ou des promoteurs, et des équipes qui savent les exécuter. En électricité ou en peinture, une grande partie de la valeur tient à la personne qui chiffre, vend et réalise les chantiers : quand elle part, il reste peu de chose à céder.
Les corps d'état du second œuvre se tiennent dans un mouchoir de poche, entre 68 000 € et 95 000 €. Pour eux, l'organisation pèse autant que le métier lui-même. Une entreprise de plomberie qui détient des contrats d'entretien de chaudières et un technicien autonome peut valoir davantage qu'une entreprise de maçonnerie de même taille qui repose sur son dirigeant.
Le jeu BODACC range 2 692 cessions dans un secteur « BTP et construction », dont 2 436 avec un prix. Sa médiane brute, 100 000 €, est la plus facile à trouver. Elle décrit pourtant mal une entreprise de travaux, parce que ce secteur mélange des métiers qui n'en relèvent pas.
À l'inverse, 228 entreprises de travaux étaient classées ailleurs, surtout sans secteur attribué. Le périmètre de cette page a donc été reconstruit à partir de l'activité déclarée, quel que soit le secteur d'origine. Sur les seules lignes du secteur BTP retenues, la médiane est de 90 000 € sur 1 135 cessions : le chiffre ne dépend pas de ce choix.
Dans le bâtiment, l'acheteur lit le bilan en dernier. Il commence par ce qui peut l'empêcher d'exploiter, ou lui coûter cher après la signature.
Aucun de ces 5 points ne se négocie le jour de l'offre. Ils se préparent avant la mise en vente, et certains, comme la transmission de la qualification, demandent plusieurs mois.
Le chiffre d'affaires d'une entreprise de travaux dit peu de chose de sa valeur : une année avec un gros chantier peut doubler le volume sans changer la marge. La démarche tient en 3 temps.
Le périmètre de la vente compte autant que la méthode. Céder les titres transmet la société avec ses qualifications, ses contrats et sa responsabilité sur les chantiers passés. Céder le fonds artisanal transmet la clientèle, le nom et le matériel : l'acheteur exploite alors sous sa propre structure et doit justifier lui-même de la qualification exigée. Les 2 chemins n'attirent pas les mêmes acheteurs.
Les effectifs régionaux restent modestes. Seules les régions comptant au moins 100 cessions avec prix sont détaillées, et un écart de quelques milliers d'euros entre 2 d'entre elles n'a pas de signification.
| Région | Prix médian | Cessions avec prix |
|---|---|---|
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 120 000 € | 116 |
| Hauts-de-France | 105 000 € | 101 |
| Nouvelle-Aquitaine | 100 000 € | 147 |
| Grand Est | 100 000 € | 109 |
| Bretagne | 90 000 € | 133 |
| Pays de la Loire | 82 152 € | 118 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 80 000 € | 183 |
| Occitanie | 75 000 € | 127 |
L'écart entre la région la plus chère et la moins chère est de 1,6 fois. Il est plus faible que l'écart entre métiers, qui atteint 2,9 fois. Pour estimer votre entreprise, le corps d'état et l'organisation comptent davantage que l'adresse.
Une entreprise de BTP à vendre attire 4 profils d'acheteurs, qui ne regardent pas les mêmes choses.
À titre de comparaison, une société de transport routier se vend 155 000 € en médiane. Les 2 secteurs vendent du matériel et un métier réglementé, mais le transport repose davantage sur des contrats avec des donneurs d'ordre, qui se transmettent mieux qu'une clientèle attachée à un artisan.
Méthode
Périmètre : annonces de vente et de cession publiées au BODACC, du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026, dont ont été retenues les entreprises de travaux de construction, de génie civil et de travaux spécialisés, au sens de la section F de la nomenclature NAF de l'Insee, ainsi que les piscinistes qui construisent. La sélection se fait sur l'activité déclarée dans l'annonce, quel que soit le secteur attribué, et retient le 1er métier cité. Exclusions explicites : garages et carrosseries, négoce de matériaux et de peinture, nettoyage, espaces verts, bureaux d'études, diagnostic et contrôle, immobilier, fabrication industrielle, pompes funèbres et marbrerie. Échantillon : 70 202 cessions extraites au total, dont 1 519 relevant de ce périmètre et 1 346 assorties d'un prix exploitable, soit 11,4 % de lignes sans prix publié. Les annonces du secteur BTP que le classement n'a pas pu trancher représentent 1,6 % du secteur. Une même opération peut faire l'objet de plusieurs annonces : en ne retenant qu'une annonce par couple SIREN et prix, il reste 1 250 opérations et la médiane passe à 89 952 €, ce qui confirme l'ordre de grandeur. Le prix retenu est celui déclaré dans l'annonce, hors stock et hors frais. Extraction du 19 septembre 2026, calculs du 12 octobre 2026, jeu réutilisable sous licence ouverte Etalab.
Les prix cités ici proviennent des annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales et du jeu BODACC diffusé en open data par l'État. Le détail ligne à ligne que j'ai reconstitué, avec le prix extrait et le secteur normalisé, est lui aussi publié en open data, pour que chacun puisse vérifier.
Une réserve honnête sur ces chiffres : le prix publié au BODACC est celui de l'acte, il ne dit rien du chiffre d'affaires ni du résultat de l'entreprise vendue. Il donne l'ordre de grandeur du marché, la valeur de votre société se calcule sur ses propres comptes. Le classement par corps d'état repose sur le 1er métier cité dans l'annonce : une entreprise générale qui cite d'abord la maçonnerie est comptée en gros œuvre. Les règles de qualification et d'assurance citées plus haut sont décrites qualitativement, leur application à votre cas se vérifie auprès de votre chambre de métiers et de votre assureur.
Mon point de vueSur un dossier de bâtiment, je regarde d'abord qui signe les devis. Si c'est toujours le dirigeant, l'entreprise vend son savoir-faire à lui, et l'acheteur le sait. Le tableau par métier le montre : les entreprises qui se vendent le mieux sont celles où la valeur tient à autre chose qu'une personne, des engins, des marchés, des contrats d'entretien. Le métier est fixé, l'organisation se travaille : vous pouvez confier le chiffrage à un salarié, écrire vos contrats d'entretien et faire porter la qualification par quelqu'un qui reste. C'est ce travail, mené 18 à 24 mois avant la vente, qui fait passer une entreprise du 1er quartile à la médiane.
La médiane s'établit à 90 500 € sur 1 346 cessions d'entreprises du bâtiment et des travaux publics dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026. La moitié des ventes se situe entre 43 000 € et 200 000 €, et 10 % dépassent 360 000 €. C'est en dessous de la médiane toutes activités confondues, 105 248 €.
Les travaux publics et le terrassement, avec une médiane de 200 000 € sur 137 cessions. Viennent ensuite la maçonnerie et le gros œuvre (100 000 €), la plomberie, le chauffage et la climatisation (95 000 €), la menuiserie, la charpente et la couverture (87 250 €), les finitions (70 000 €) et l'électricité (68 411 €). L'écart entre le haut et le bas atteint 2,9 fois.
Parce que ce secteur, 2 692 cessions et une médiane brute de 100 000 €, contient 406 garages et carrosseries, 338 négoces de matériaux ou de peinture, du nettoyage, des espaces verts et des bureaux d'études. À l'inverse, 228 entreprises de travaux étaient classées ailleurs. Le périmètre a été reconstruit sur l'activité déclarée.
Les activités du bâtiment sont réglementées : l'entreprise doit être sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée pour chacun des métiers exercés. Si c'est le dirigeant qui part, l'acheteur doit avoir la qualification lui-même ou s'appuyer sur un salarié qui la détient. L'acheteur pose la question dès le 1er rendez-vous.
La garantie décennale couvre les dommages apparus dans les 10 ans qui suivent la réception des travaux. En cédant les titres, vous transmettez une société qui reste responsable de ce qu'elle a livré. L'acheteur demande donc les attestations d'assurance, l'historique des sinistres et la liste des chantiers encore couverts.
On part du résultat retraité sur 3 exercices, jamais du chiffre d'affaires, en corrigeant la rémunération du dirigeant au coût d'un conducteur de travaux salarié. On retranche l'endettement, crédit-bail des engins compris, et on ajoute la trésorerie. On corrige enfin par la qualité de l'activité : clients, carnet de commandes, sinistralité, autonomie de l'équipe.
4 profils. Le confrère qui grossit, le plus fréquent, qui a déjà la qualification et l'assurance. L'entreprise d'un métier voisin, qui veut proposer plusieurs corps d'état. Le chef de chantier ou le conducteur de travaux de la maison, limité par son apport. Le repreneur extérieur au métier, qui doit s'appuyer sur un salarié qualifié.
Si votre horizon de cession est à 2 ans, le prix se joue sur ce que vous pouvez encore organiser d'ici là : une qualification portée par un salarié, des devis chiffrés sans vous, un carnet de commandes lisible. Les grandes étapes d'une cession donnent le rythme réaliste de cette préparation.
Réserver une séance Le CapLes pages qui prolongent directement ce que vous venez de lire.
Vendre une entreprise de transport
Médiane 155 000 €, et les angles morts qui font baisser le prix.
LireLe baromètre des prix de cession
Les prix réellement payés en 2025, issus du BODACC.
LireRendre l'entreprise autonome
Une boîte qui tourne sans vous se paie plus cher.
LireDe l'autre côté de la table
Le repreneur d'une entreprise du bâtiment finance aussi les engins, les véhicules et le besoin de trésorerie des chantiers. Le plan de financement d'une reprise dit quel prix il pourra réellement porter. Le plan de financement.
À propos de l'auteur
Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les dirigeants de PME pour rendre leur entreprise capable de tourner sans eux, et les repreneurs qui rachètent une PME.
Lire le parcours complet LinkedIn« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »VP Valentina Palacios
Porteuse de projet, TOTUMA